Operation Paella

Le Boss avait promis mort et destruction. Il ne se trompait pas.
Le truc bien avec les guerres c’est que tout le monde pense les gagner, ce qui se matérialise par un magnifique optimisme et de la bonne humeur. Si vous voulez garder quelques illusions sur la nature humaine, évitez Eve. C’est un conseil.
Notre chef suprême avait opté pour une guerre de guerilla, Entendez par la que nous étions supposés tombés sur des ships isolés avec le plus de puissance possible, les détruire et ensuite prendre la fuite à la speedy Gonzalez version galactique.
Malheureusement, comme dans tous les conflits, il y a une ou plusieurs parties, et celles-ci sont généralement en profonds désaccords, même sur ses points techniques sans importance. Alors que nous préparions nos navires pour partir en chasse, une flotte de plus de quinze vaisseaux décida de venir passer la soirée en orbite de la station d’Octa.
Si vous doutiez encore de l’attrait culturel de cette zone de l’espace, et bien demandez donc aux 2BRAS qui s’installèrent confortablement pour y passer la soirée. Comme dans tous les camps de vacances, les relations humaines sont importantes et nos amis éprouvaient une furieuse propension à la communication.
« Why don’t you come to fight ?
“Are you afraid?”
Je ne vous listerais bien entendu pas les salutations et conversations d’usages dans ce genre de cas, mais vous en imaginez le contenu. De quoi renvoyez au coin tout ces gens qui disent qu’Eve n’est pas un jeu social.
Malheureusement pour eux, notre COE, fidèle à sa réputation, avait décidé de se montrer parfaitement antisocial et refusa ce qui était sans doute une invitation à la communication fraternelle. Nos efforts se concentrèrent donc à calmer les plus fougueux de nos guerriers qui rêvaient d’en découdre dans le plus pur style kamikaze.
Cette première soirée que nous pourrions appelé avec le recul, prise de contact, ne se solda par aucune perte. Les deux flottes se séparèrent en reprenant rendez vous pour le lendemain.
La nuit portant conseil, le Boss décida de bouger le gros de nos forces vers une de nos POS en low sec . Une magnifique idée qui dérouta l’ennemi dont nous ne vîmes par la queue d’un générateur de warp. Notre flotte put donc se mettre en chasse.
Le mouvement d’une flotte, c’est comme un grand opéra, cela demande une parfaite synchronisation et compréhension. Capacité, dont votre narratrice est totalement dépourvue. Alors que nos navires voguaient tranquillement d’un système à l’autre, écoutant les informations de nos alliés sur les mouvements ennemis, j’essayais de me concentrer sur la navigation en interprétant parfois des ordres quelques peu mystérieux. Pour compliquer le tout, le boss avait décidé de séparer notre flotte en deux gangs judicieusement nommée Alpha et Bravo.
Bien entendu, fidèle à ma réputation, je réussis parfaitement à me perdre, confondant les ordres de Bravo avec et Alpha et me retrouvant à voguer solitairement en 0.0 voyant déjà des ordres de NOTR me tomber dessus.
Les NOTR furent d’ailleurs la seule émotion de cette soirée. Alors que le gang Bravo débarquait dans un système, un groupe de NOTR nous intercepta. Fort heureusement, grâce à notre légendaire astuce, nous passèrent à travers le petit camp gate pour poursuivre notre mouvement de tenaille galactique qui finalement ne donna rien d’autres qu’une soirée navigation. Ma salvation ne tint qu’à mon habituel retard. Alors que j’étais perdue dans le système précédent, je sautai avec un certain retard qui sembla étonner nos ennemis qui redoutaient sans doute une tactique tortueuse de guerre.
Les soirées suivantes furent heureusement plus rentables et nous fîmes couler le premier sang. Un gros vaisseau ennemi dont le nom m’échappe parfaitement sauta littéralement sur notre groupe.
La suite de la guerre fut une série d’embuscade et de hit and run rapide qui poussèrent nos ennemis chez le psychiatre du coin. Afin d’être impartiale, je me dois aussi de préciser, que malgré l’astuce de nos chefs de guerre, nous tombèrent aussi dans un piège aux portes de Boystin, ce qui nous couta quelques ships, dont mon merveilleux drake remoteur et mon pod flambant neuf.
En bonne tête brulée je m’en fus bouder un peu la perte de ce merveilleux vaisseaux auquel je m’étais attachée. Perdre un vaisseau c’est toujours une sale histoire. D’abord vous devez rentrer à pied – bien que j’avais résolu ce problème via un medical center express ticket – et vous repartez avec un truc parfaitement minable qui ferait honte à un noob galactique venu de WoW. Dans mon cas un magnifique Merlin fiter t1.
Comme toutes les guerres celle-ci s’arrêta comme elle avait commencé. Personne ne compris pourquoi. Nos plans de ripostes tombèrent à l’eau et le temps des bilans commença. Je ne vais pas vous expliquer en détails les conclusions des experts en la matière dont je ne comprends de toute façon rien du tout.
En ce qui me concerne cette guerre nous l’avons gagné grâce à un seul facteur. Le nom de l’opération. En effet, après deux jours de guerre sans kill, notre boss décida de lancer l’opération Paella. Vous comprendrez tous que ce fut une idée géniale. Rien que le nom inspira terreur et respect à nos ennemis. L’opération Paella fut le tournant décisif de ce conflit qui fait désormais partie de mon histoire.
Safe Fly.
Publicité