Chapitre I : Puerto Esperanza (partie 1)

Publié le par Oceanis


La frégate Amarr
flottait dans les docks comme un oiseau de proie. C’était un navire de petite taille, un vaisseau de guerre rapide conçu pour repousser les attaques sporadiques des raideurs venus de l’espace Minmatar.

Regroupés en bas de la passerelle, une délégation d’officiels attendait l’ouverture du sas.


La présence de la flotte Impériale inquiétait les dirigeants de la station dont la survie dépendait en bonne partie de la bonne volonté des grandes maisons Amarr.


Un nuage de condensation s’élevait au dessus des hommes qui discutaient en sautant sur place pour vaincre le froid polaire qui régnait sur les quais. Ils appartenaient tous à la république Anmatar créée de toute pièce après la défaite Amarr contre leurs esclaves Minmatar. Une guerre qui semblait avoir mis un frein à la politique d’expansion Impériale. Aucun des hommes présents ne se faisaient d' illusion sur leur indépendance. Leur nation était tolérée en frontière de l’espace Impérial, mais même vaincus les Amarr pouvaient encore montrer les crocs. La survie des Anmatar dépendait entièrement de leur loyauté face à leurs anciens maîtres.


Le sas de la frégate s’ouvrit sur une femme sanglée dans la tunique bleue des forces impériales : veste à col montant et jupe qui descendait à hauteur des genoux.
Derrière elle, deux autres silhouettes se dessinaient dans la pénombre de la coursive.Elle marqua une pause, laissant le tas de rampants trembler devant sa présence et celle de son navire. C’était une simple frégate, conçue pour la chasse aux pirates, mais pour ces hommes entassés les uns sur les autres dans leur cage de métal, elle représentait la puissance des Amarr. Derrière chaque canon se cachait un empire de guerriers poussés par la foi divine, par la croyance en un dieu qui leur permettait les pires d’atrocités.

La jeune Khanid savait tout cela. Elle n’éprouvait que le plus profond dédain pour cette race qui autrefois avait aidé les siens à asservir les Mimmatars. Elle pouvait encore sentir la peur qu’elle leur inspirait, et c’était une odeur qu’elle appréciait.
Satisfaite de son examen, elle s’engagea sur l’étroite passerelle. Les bruits de ses bottes résonnaient sur le métal, faisant trembler la fragile structure qui surplombait le vide.

Un creux dans l’estomac, le chef du petit groupe s’avança vers le trio de militaires, s’inclinant à plusieurs reprises en signe de respect. Insensible à son flot de compliments et formules de politesses des plus standards, les trois femmes s’arrêtèrent sur les quais, dos à leur navire dont la silhouette menaçante se dessinait en toile de fond.

D’un signe de la main, l’adjoint les invita à le suivre vers les grandes portes de métal qui donnaient accès aux zones d’habitations. Puerto Esperanza était une station de taille moyenne qui orbitait autour d’une planète morte que personne n’avait pris la peine de nommer. Sur les cartes galactiques elle portait un simple numéro au dessus d’une série de coordonnées tridimensionnelles. Bien que perdue aux frontières de l’espace Anmatar, elle bénéficiait d’un trafic important, en majorité des indépendants qui essayaient de trouver une cargaison en marge des grandes corporations qui contrôlaient les voies commerciales. Alors qu’il s’enfonçait dans les entrailles de l’édifice, l’homme se lança dans un long discours sur la santé financière du cartel qui gérait les installations et son dévouement éternel au peuple Amarr. Impassibles, aucunes des trois femmes ne lui prêta attention. Leurs visages aux yeux légèrement bridés n’exprimaient aucun sentiment, juste une parfaite indifférence.

Après une vingtaine de minutes de marche dans les étroites coursives de la station, ils s’arrêtèrent devant une porte couverte de lambris de bois artificiel. L’adjoint échangea quelques mots rapides avec le reste de la délégation et activa le mécanisme d’ouverture. Noyé dans le respect, il invita les trois femmes à entrer, saluant encore plus bas l’homme au cheveux dorés qui se tenait derrière un immense bureau transparent. Installé dans un fauteuil confortable, il prit le temps d’examiner les visiteuses vêtues de l’uniforme bleu de la flotte.

Il reconnut les traits asiates des Khanids, un des royaumes Amarrien, connu aussi comme Amarr Sombre. Les trois femmes semblaient taillées dans le même moule avec leurs longues chevelures noires retenues par des broches en métal richement sculpté. Leurs yeux pales et froids rappelaient à l’homme l’acier des coques dont était construit leur navire de guerre. Elles étaient jeunes, probablement, des officiers fraîchement sortis de l’académie militaire. Il en fut vaguement soulagé. Sans doute une simple mission de routine.

« Que puis-je faire pour vous capitaine ? », demanda–t-il en s’adressant à la plus petite des trois femmes.

La femme officier sortit de sa ceinture une plaque de mémoire qu’elle tendit à l’homme.

« Nous voulons savoir si vous avez reçu la visite de ce navire », demanda-t-elle d’un ton monocorde.

Le chef de la station se gratta le crâne. La richesse de Port Esperanza se basait sur sa discrétion. Si les trafiquants qui négociaient dans le secteur savaient que les données étaient livrées aux forces impériales, le commerce risquait d’en souffrir. Pensif, il glissa le chip dans son terminal et examina les données qui scintillaient sur l’écran.

« Ce navire est bien passé ici », déclara-t-il en effaçant le rapport d’un geste sec.

« D’où venait-il et ou allait-il ? », demanda sèchement celle qui dirigeait le groupe.

L’homme poussa un petit gémissement et se lança dans une série d’explications sur la confidentialité des plans de vols et l’indépendance des Minmatar ainsi que leur profond dévouement à l’Empire. Plein d’espoir il scruta le visage neutre des trois officiers qui attendaient calmement, les jambes légèrement écartées, les mains croisées dans le dos.

« Ce navire est soupçonné de piraterie », ponctua calmement une des femmes sans lâcher du regard l’homme qui se repliait dans son fauteuil. « Si nous soupçonnons cette station de collaborer avec les pirates, nous la détruirons ».

Le chef de Port Esperanza sursauta, le visage blanc. Il connaissait assez les Amarr pour savoir qu’ils ne plaisantaient pas. La destruction d’une simple base commerciale aux limites de l’espace Amarr ne provoquerait aucune réaction des autres nations. Personne ne voulait se mêler des affaires internes de leur Empire.

« Ce que vous me demandez provoquera la ruine de mon cartel », gémit-il en baissant les yeux pour éviter le regard glacial des Khanid.

Une des trois femmes s’avança vers le directeur. Son visage était plus doux que celui de ses deux collègues et il arriva même à trouver dans le bleu très pâle de ses yeux une légère trace de compassion.

« Nous comprenons votre situation. Votre cœur vous dicte la justice et la fidélité à votre cartel la discrétion. Ecoutez votre cœur et personne n’en saura jamais rien. Nous pouvons nous montrer très discrètes. Nous vous permettons même d’effacer de vos registres la présence de notre navire. Une fois cette malheureuse histoire terminée personne ne saura que nous sommes venues. »

L’homme hésita un court un instant puis souffla dans un murmure.

« Ce vaisseau est toujours dans la station »

Les trois Khanid se regardèrent, ne pouvant masquer totalement leur surprise.

« Vous en êtes certain ? »

« Totalement. Ce vaisseau est dans les docks depuis trois jours et je n’ai aucune sortie en ce qui les concerne », fit-il en tournant l’écran vers le groupe.
« Il y avait trois membres d’équipages. Les noms sont là », insista-t-il en pointant du doigt les noms qui apparaissaient dans le formulaire de paiement des services portuaires.

« Pouvez vous savoir où ils se trouvent ? »

Le directeur secoua la tête.

« Non. Les frais pour le navire sont débités automatiquement d’une carte. Si ils utilisaient cette même carte pour d’autres dépenses je pourrais suivre leur trace mais malheureusement ce n’est pas le cas », conclut-il en éteignant à nouveau l’écran.

Le capitaine hocha la tête pensive.

« Nous allons les chercher nous même. Surtout ne laisser pas ce vaisseau appareiller. Si vous recevez une demande dans ce sens prévenez-nous de suite. A partir de maintenant cette histoire est entièrement entre nos mains. »

Soulagé d’en avoir terminé, l’homme se leva pour saluer les militaires qui disparurent dans la coursive.

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A
Port Esperanza, nombre de personnes ne connaissent pas leur richesse et font appel au crédit. Actuellement le CAC 40 perd plus de 3% et l'or est au plus haut. C'est tout à fait emblématique de ce qu'il se passe depuis plus d'un an sur ces deux marchés. Si vous avez besoin d'argent et si vous possédez un peu d'Or sous quelque forme que ce soit, bijoux, déchets, pièces ou lingots, n'attendez pas, c'est le moment de vendre, vous serez étonné du montant récolté !<br /> <br /> achat or
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W
c'est bien fait, j'aime beaucoup^^.
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E
Khanid comme moi je suis amoureux ^^
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Y
ça y est je suis fan.<br /> <br /> superbement bien redigé, c'est bien chouette et très prenant .<br /> <br /> encore !
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