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Je transportais tranquillement les minerais que ma petite sœur extrayait avec la conscience professionnelle d’une
naine quand l’alerte résonna.
Pas besoin de vous dire que quand nous passons en mode « combat » les NOTR ne sont jamais loin. Ce sont les vilains petits canards de Solitude et nous les haïssons comme il se doit : avec prudence mais fermeté.
Notez que c’est un sentiment partagé par pas mal de nos concitoyens et qui finalement n’engage pas à grand-chose.
Mais c’est bien dit.
C’est très diplomatique.
Sachez avant de continuer ce récit, que un NOTR c’est comme un gros pou très méchant. Vous tomber sur un et dix autres vous arrivent dessus à toute vitesse pour gentiment vous exploser et vous épingler sur leur « kill boad » avec quelques commentaires philosophiques. Comme cette plaie de l’espace ne semble pas trop affectée par la crise économique ils vous alignent de surcroit des vaisseaux bien méchants qui vous liquideraient votre wallet aussi certainement qu’une salve de missiles dans la coque d’un Osprey.
Ceci expliqué, laissez moi revenir à mon histoire avant de vous perdre définitivement dans le flot tumultueux de mes pensées encore chaotiques.
L’alerte venait d’une corporation avec qui nous avions signé un NAP. Il y a beaucoup de NAP sur solitude. Les neutres
sont une race en voie de disparation et des cibles mouvantes avec une espérance de vie éphémère. Le « Suisse style » n’y a que très peu d’avenir.
Les rouges eux sont connus et évités avec grande habilité.
En bref tout ce que vous ne connaissez pas est hostile. C’est la mentalité de Solitude et Syndicate et sans doute plus généralement des pilotes de low sec et 0.0. La plus part de ses amitiés se concrétisent pas des « chan » d’information où la position des unités « rouges » est signalée en temps réel. Mon écran en est peuplé et bien souvent je n’y prête qu’une attention très relative. C’est donc par un de nos guerriers que l’information arriva dans la corporation.
Nos alliés donc, c était fait éclater une POS le vendredi soir par une flotte de NOTR et sortait de mode « renforcé ». J’imaginais très bien à ce moment leur désespoir devant le shield de la POS à réparer. Un shield de POS ca vous parait rapide à descendre quand on vous attaque, mais bon dieu que c’est long à remonter….Ajoutez à cela qu’une venue des NOTR était toujours à redouter et que dans ce cas précis nos pauvres amis seraient les fesses à l’air. En gros remoter une POS sans moyen c’est comme vider la mer avec une petite cuillère…c’est long….très long…..et on se mouille.
Nous et les NOTR c’est une longue histoire qui passe par la destruction d’une de nos POS. A cette époque nous avions tenté de la sauver avec nos encore faibles moyens pour nous faire détruire par une flotte alors que nous essayons de remoter le shield. Un souvenir qui fait mal. Solitude n’avait jamais aussi bien porté son nom.
Nous avions donc un compte à régler. De plus, l’amitié n’est pas un vain mot et le Boss tenait à l’honorer comme il se devait.
« On boue ...On bouge »
Ca beuglait sur le canal corpo.
« Combat Station » dans les chaumières. Les pilotes foncèrent sur leur navire quittant leurs lucratives activités « pve » pour se lancer dans l’opération.
Ca discute « fit ».
« Me faut quoi ? »
« Quel shield …suis pas capa stable…. »
Le Boss tranche comme à son habitude et envois tout le monde au front avec les moyens du bord. Mieux vaut arriver avec un fit de merde que d’arriver après la bataille.
En moins de dix minutes une flotte SWI se mit en route vers la POS située à une dizaine de « jump » de notre HQ. Nous envoyions au rendez vous une flotte d’Osprey équipés de « Shield Transporter » et un groupe de fighters pour sécuriser la gate d’entrée au système.
Let’s rock.
Alors que ma bête de course passe d’un warp à l’autre, je parcours les « chan » de nos alliés essayant d’obtenir un peu d’aide. Les réponses sont multiples et presque toujours positives. Plusieurs corporations amies mettent sur place dans l’urgence des petites flottes de « remote » qu’ils envoient vers la POS en détresse.
Je « warp » en discutant. Si un NOTR se tient à la gate je lui rentre dedans en double aveugle. Je « diplomatise » comme je peux à travers les onglets qui clignotent comme autant de sapins de Noel, essayant judicieusement d’éviter toutes les questions techniques sans intérêt.
« What do you need ? »
« Where it is ? »
« Are we blue with them? »
A croire qu’ils me prennent pour une sous-fifre avec tous leurs détails. Je dévie le tout vers le chef de la fleet.
Je ferme des fenêtres et en ouvre d’autres.
Dans ce genre de chose pas besoin d’éterniser la conversation, il existe trois types de réponses :
D’abord le « NON » tout rond et tout sec. C’est clair, honnête et net comme un coup de tonnerre. Je ferme le chan. On verra cela ensuite. Ce n’est pas le moment de revoir nos relations. Fly Safe and see you later.
Viens ensuite le « OUI » tout aussi décidé. Pas besoin de grandes discussions. Vous pouvez compter sur eux. C’est le genre d’alliés que vous aimez avoir, le genre de gens avec qui vous partiriez au combat sans hésiter. Safe fly and see you there. Les remerciements viendront ensuite.
Ensuite je ne peux vous épargner la catégorie des « oui peut-être », « non sans doute » et « nous allons discuter de votre demande ». A croire qu’une POS sans « shield » cela tient 2000 ans sans protection. Le plus difficile, c’est de ne pas s’énerver. Ce n’est pas le moment et encore moins digne d’une diplomate, même de SWI, dont la diplomatie a connu des sommets grâce à notre désormais légendaire « NAP or WAR »
Je note aussi les noms dans ma liste des « tièdes à revoir » ou entendez par là ceux de la cavalerie qui arrivent quand tout se termine.
Safe Fly and see you in 100 years. Maybe yes. Maybe not.
Les jeux sont faits.
J’arrive donc sur place avec un léger retard qui me permet d’admirer la plus grosse flotte d’Osprey jamais réunie sur Solitude avec quelques logistics t2 qui arrivent depuis les HQ de nos alliés.
La majorité des pilotes présents me sont complètement inconnus et je suis particulièrement contente de repérer dans le tas Noriko de nos amis du Souffle d’Erevos. Je suis aussi assez surprise de la voir à bord d’un logistic T2 alors que je l’avais croisée à d’autres occasions sur des types de navires complètements différents. Je prends quelques notes sur mon carnet décidée à élucider le fin fond de cette histoire par la suite.
Afin d’éviter une nouvelle « noobitude » dont je semble avoir l’exclusivité, je me renseigne auprès de Darman de l’objectif à « remoter » avant de lancer mes transporter en action. Ah que j’aime ce doux ronronnement....
Pendant ce temps la fleet grossit comme l’égo d’un NOTR après un bon kill et l’agitation règne sur le « chan ». Chacun vérifie son statut par rapport à la POS inquiet pour sa petite santé avant de warper dans la mêlée.
Il n’y a pas grand-chose de bien excitant à raconter sur le sauvetage d’une POS.
C’est long. Très long.
Les logistiques réparent, d’autres stabilisent la capa tandis que les fighters gardent la gate. Le système s’est
rempli de vaisseaux alliés et la confiance monte en flèche.
Le principal danger viendrait d’une arrivée de navires ennemis. En effet, et ceci à l’adresse de nos jeunes lecteurs, pour une raison aussi mystérieuse que sadique,
pour réparer une POS, il vous faut être à l’extérieur du « shield » de protection, autant dire vous promener dans votre cercueil avec la pancarte « Shoot me I
remote ».
La présence des pilotes de combats des deux cotés de la gate contribue à apaiser mon quiétude devenue à ce stade aussi chromique que la conssomation de bières chez
ce chauffard de Wox.
Le danger des NOTR écarté par nos gardiens, tout cela pourrait se révéler mortellement ennuyeux s’il n’y avait pas cette ambiance de concert « peace and love ». Le sauvetage d’une POS c’est avant tout l’occasion de nous rencontrer entre corporations avec qui nous n’avons pas de contacts directs.
Les diplomates vérifient fébrilement les statuts et les négociations s’ouvrent comme dans un souk galactique. Tout le monde veut être gentil avec tout le monde.
Peace and love my friend.
On se signe des NAP comme on descend du NOTR et on s’embrasse virtuellement.
Que c’est beau la paix. Le rêve impossible des diplomates réunis autour d’une carcasse spatiale en perdition. Un psychologue aurait sans doute analysé plus en profondeur les motivations de tous ces pilotes, pour ma part je me contente de profiter du moment de quiétude que cette opération nous offre.
Le shield de la POS remonte hors de la zone critique. On signe deux NAP dans la foulée et on discute sur le chan. Aucune trace des NOTR. Cette fois le shield est opérationnel en un temps record.
L’optimisme est au plus haut. Une flotte de roaming s’organise avec quelques pilotes spécialement motivés. Je continue de remoter la POS avec la flotte de logistique bien décidée à profiter jusque au bout de cette ambiance « peace and love », de ce nouveau Woodstock des étoiles
Safe Fly my friend.