Lundi 11 janvier 2010 1 11 /01 /Jan /2010 19:16

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Il nous restait une POS en « zero zero », perdue au milieu de « Syndicate » à 15 « jumps » du « high sec ». Du boulot pour la plus petite des sœurs Oceanis, pilote de « Prorator » de son état, et mineuse à temps partiel dans ses périodes d’angoisse existentielles.

 

Aussi, quand le Boss à déclaré que la POS de « Syndicate » devait être rapatriée en Empire pour notre prochain départ, j’ai sauté dans mon furtif et mis le cap sur « Syndicate ». Je vous passe les épisodes de « camp gate », « bulles »…vous connaissez la chanson….(quel est le crétin qui avait décidé de planter une POS dans un coin aussi perdu ? Encore un coup de nos scouts « snifeur » d’acide)


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Le voyage se passe donc a peu près bien et nous arrivons en quelques heures en vue de la fameuse POS en péril. Parfaitement rodés, nous commençons donc l’opération démontage. Pour ceux qui ne connaissent rien aux POS, sachez que la chose ne présente pas un grand intérêt, sinon que vous vous faites souvent accompagnés par quelques hostiles qui vont forcement essayer de vous piquer la fameuse POS.

 

Quelques jours plus tôt à Fontaine, j’avais récupéré la CT sous le feu d’un Bomber dans un «warp », «scoop cargo», « warp out » des plus acrobatique. Nicky avait empêché l’hostile de « target » ce qui ne l’avait pas empêché de balancer une bombe qui heureusement n’avait qu’éraflé ma coque.

 

Cette fois, la chose ne s’annonce pas différemment et les hostiles commencent à venir roder. Pas de quoi s’affoler. On continue à démonter tranquillement, un œil sur le scanner. Tant que la CT est active, on ne risque pas grand-chose. La Sainte Pos nous protège !

 

L’opération commence à déraper quand nous réalisons que certains modules incapacités par une attaque précédente nous empêchent de démonter la CT. Il allait falloir « remoter » avant de démonter. Manque de chance, le logistique se trouve à plus de 22 « jumps » de là….

 

Aussitôt, ou presque, Siona et Ymer organise un saut du Carrier et bientôt la grosse bête se présente pour commencer les réparations de fortune. M’inclinant devant l’engin, je décide donc de « warp out » et d’aller « cloaker » au milieu de nulle part pendant que le mastodonte s’active.

 

Inutile de servir de cible à un ennemi trop zélé.

 

Le temps passe et autour de nous les hostiles se font de plus en plus présents. Cela ne sent pas bon.

 

Le « remote » terminé, le Boss donne les instructions :

 

« Ymer tu warp en safe et tu cloak . Oceanis viendra charger la POS et tu la chargeras ensuite dans le carrier. »


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Autant vous dire que j’étais très vexée que le Boss fasse plus confiance en ce tas de ferraille sans grâce qu’à mon magnifique navire Amarr fendant l’espace comme un suppositoire. M’inclinant devant la décision, je reste en « safe », attendant le décompte et me préparant pour une autre récupération acrobatique. Tâche ingrate et hautement risquée.

 

C’est à ce moment cher lecteur que tout s’effondre, que ce magnifique récit d’aventure bascule dans le drame, dans le film d’horreur le plus glauque. Si vous êtes cardiaque, allergique, sensible et avez moins de 18 ans, je vous prie d’arrêter votre lecture.

 

Dans le silence de l’espace, une voix, paniquée, résonne dans les radios de la flotte.

 

« Meeeeeeeerde »

 

« Quoi ? »

 

« Meeeeeeeeeerde », répète une fois encore le pilote de Carrier qui avait « warp » à une dizaine de kilomètres de moi.

 

« Ymer, il se passe quoi ? », demande le Boss avec une légère inquiétude dans la voix.

 

« Saloperie de meuble…mon doigt a glissé »

 

C’est ici que tout s’écroule, le destin d’une flotte livrée à la conception d’un meuble de bureau Ikea particulièrement mal pensé pour un pilote de Carrier.

 

« J’ai cynoté au lieu de cloaké »

 

« QUOI ? »

 

« Mon doigt a glissé sur cyno », répète la voix du pilote de Carrier, cette fois frisant la panique.

 

Il est temps cher lecteur d’apporter quelques précisions techniques pour ceux d’entre vous qui ne sont pas familier avec le difficile art du pilotage de carrier.

 

Le cyno est une espèce de grosse balise bien visible. Un gros phare galactique qui crie : « Je suis ici, je suis ici ». Le problème du cyno est que une fois lancé il n’est plus possible de le stopper et que à cet instant précis notre Carrier se trouvait à coté d’un cyno, visible comme une tomate bien rouge et appétissante, incapable de cloacker. De furtif, notre Carrier vient de se transformer en grosse cible clignotante.

 

Bien entendu, autour de nous les choses s’agitent.

 

« YMER BORDEL DE MERDE QUE FAIS TU AVEC UN BORDEL DE CYNO SUR TON PUTAIN DE CARRIER ? »

 

« Au cas où j’aurais besoin de renforts »

 

Sauf que à ce moment aucun de nos 241 carriers et « capital ship « ne semblent disponibles. Comme quoi on ne doit jamais se fier à la cavalerie.

 

Depuis la sécurité de mon « cloak » je vois les ennemis « warper » sur le Carrier transformé en cible pas très mobile. Cela sent très mauvais.

 

« Ils cynotent »

 

« PUTAIN DE MERDE »

 

Je vous passe les autres poésies du canal de « fleet » qui commencent à devenir limites et non répétables sur ce site de standing élevé.

 

« TITAN TITAN »

 

En effet, aussi pâle qu’un vampire à la plage, je vois l’énorme masse du Titan à portée de tir de notre Carrier qui n’était plus à ce moment qu’une future épave. L’immense navire fait feu et transforme notre Carrier en un magnifique feu d artifice.

 

BOUM.

 

« YMER JE NE TE TUE PAS PARCEQUE C EST PLUS CRUEL QUE TU TE SUICIDE », lance le Boss pas du tout heureux.

 

Le Carrier détruit, la flotte ennemie rode encore dans les environs quelques minutes avant de disparaître. Notre flotte décide alors qu’il était temps d’en rester là et de noyer la perte de notre Carrier à la station la plus proche.

 

Entre moi et cette POS s’est devenu une affaire de famille. D’abord le Boss qui décide de faire confiance à un pilote de Carrier pour une opération si délicate et après le feu d artifice. J’étais vexée et quand la famille Oceanis est vexée, elle boude. C’est une constante galactique.

 

Une fois les ennemis partis et les nôtres disparus, je m’approche de la CT et commence la dernière opération : vider le fuel et activer le démontage.

 

30 minutes.

Cela va être long. Pour ne pas attirer l’attention, je me retire du système et commence à tuer l’attente avec un verre de vin blanc sec bien frais.
L’aventure n’empêche pas le confort.

 

5 minutes.

Je « jump » dans le system et « cloak » alignée sur la POS.

 

3 minutes.

Un neutre entre dans le système. Je scan.

 

1 minute.

Un autre hostile en entrée. Les loups sont attirés par l’odeur de la POS en fin de vie.

 

30 sec.

Je warp à un peu plus de 2500 mètres de la CT et aligne un point, toujours en cloak. Je m’approche à distance de chargement. Un hostile arrive en « warp ». Je decloak et charge la bête et commence le warp out. L’hostile est un peu lent et je disparais sans problème.

 

A ce stade, cher lecteur, vous pourriez vous dire que la chose est terminée.

Pratiquement, si ce n’est qu’il ne me reste une quinzaine de « jump » en 0.0 pour rejoindre le HS.

 

La famille Oceanis se met au travail et une autre sœur arrive sur place, et commence à « scouter ». Le retour prendra plus de 20 heures entre camp gate, bulles et hostiles en tout genre. Certaines gates sont tellement campées et bubullées que nous devons parfois attendre des heures avant de nous y risquer. Nicky se joint au convoi de retour avec son indu chargé de fuel, mais qui malheureusement explosera à la dernière « gate » de « null sec ». Le Prorator lui rejoint son hangar à Balle et décharge la POS.

 

Presque 48 heures de run en 0.0. La POS est de retour malgré un cyno de trop.

 

Note de l’auteur : Ce texte est dédié à notre ami Ymer. Je vous demanderais de respecter une minute de silence pour ce pilote de Carrier au doigt glissant.

 

Note de l’éditeur : Afin de préserver l’anonymat du malheureux pilote probablement mort de honte, les éditions « Du boulet » ont modifié le nom du pilote afin qu’il ne soit pas reconnaissable.

 

Par Oceanis - Publié dans : Eve on Line - le jeu - récits
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Vendredi 8 janvier 2010 5 08 /01 /Jan /2010 15:33

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On parle beaucoup de grand conflit sur Eve, des centaines de ships qui s’affrontent dans un lag infini à coup de Titans et autres monstres de l’espace. On parle aussi des plans des grandes alliances et leur rêve de conquête. Au milieu de tout cela, il y a nous et vous (enfin pas mal d’entre vous), les aventuriers anonymes qui vivent au milieu du bordel ambiant, profitant au maximum de la confusion. Nous ne faisons pas de politique, nous n’avons pas de rêve de grandeur (notre COE parfois il délire un peu quand même), juste notre « wallet » et nos « ships » !

Eve c’est aussi cela. L’aventure !

 

Après quelques années de loyaux services, nous avions quitté Solitude pour l’aventure du 0.0 de souveraineté.
Nos apprentis espions et diplomates avaient négocié notre entrée dans «Greater Pathetic Community».

De « Greater Pathetic Community », on s’en foutait comme du premier poil au menton de notre COE mais on s’était dit qu’avoir un ami puissant ce n’était pas une mauvaise chose. La maison du plus fort est toujours la meilleure. Un peu de sagesse populaire n’a jamais nuit à la survie d’un pilote de 0.0.

Aussi dit aussi tôt fait : nous avons commencé à bouger nos « assets » à cout de saut de JF et de « scouting » acrobatique à travers le L.S et le 0.0. D’abord un retour en Empire avant de prendre le cap sur Fontaine. Tout allait bien dans le meilleur des univers. Après une reconnaissance du coin, nos toujours espions et diplomates reconvertis en explorateurs décident d’un système où poser notre POS. Le coin appartient à une alliance amie et est plutôt calme selon les critères de la zone.

A nous la richesse et la gloire !

C’est ce qui vous croyez !

Notre tranquillité fut bien vite troublée par des discussions mouvementées entre IT et PL. Les deux parties étant visiblement du genre nerveuses et pas du tout diplomate ils finirent bien entendu par s’envoyer des missiles dans la patate.

Ne croyez pas que nous fumes soudainement affectés du syndrome de mère Thérésa et que la santé des deux protagonistes nous inquiéta l’espace d une nano seconde, si ce n’est qu’ils décidèrent de s’étriper joyeusement dans la zone ou nous avions décidé de nous installer !

Les fourbes !
Aucun respect !

A ce stade cher lecteur, vous vous demandez si nos diplomates et espions lisent de temps en temps les news local pour nous avoir envoyés direct sur la ligne de front d’un des combats les plus médiatiques de Eve. On se le demande encore. La possibilité la plus plausible en ce moment est qu’ils étaient sous l’influence de drogues particulièrement fortes. Dans l’attente d’une punition, nous décidons quand même de rester. Ce n’est pas un jump de 200 ships qui va nous faire peur.

Pendant que la guerre fait rage autour de nous, nous nous dédions à nos petites activités lucratives, profitant de la beauté des lieux. Parmi les rouges, il y a pas mal de bleus avec qui nous socialisons. Enfin moi, parce que on a quand même pas mal d’asociaux qui trouvent que dire bonjour sur le canal d’intel n’est pas une pratique ! Allez savoir…Sans compter les fana du missile qui ont la fâcheuse tendance d’engager tout qui bouge, oubliant parfois qu’ils font des courses en HS….

On perd des ships. On gagne des isk…la vie suit son cours et nous suivons le combat de loin. Visiblement, PL ne se soucie pas trop de ses territoires périphériques et les incursions des IT sont de plus en plus nombreuses.

Pour votre « noob » préférée, c’est l’occasion de lancer ses premiers missiles depuis un « Drake » fraichement « fitter ». Le bruit est sympa, ca bouge pas vite et je fais des dégâts de moule. Evidement, c’est pas depuis un logistique que l’on apprend à faire mal. Je décide donc de monter sans grande conviction quelques skills missiles question de passer du statut de moule à celui d’huitre anémique, réduisant par la même occasion la durée de vie des BS de 6 minutes 4 secondes à trois minutes 23 ! Tout un record !
Ca roule baby. Je perds bien un ship dans une confusion de couleur mais dans dans l’ensemble cela ne se passe pas trop mal, il faut juste que je me souvienne de tirer quand on m’attaque et non pas de chercher mes remotes !

Un bon matin, une corpo alliée à IT décide que notre système à un potentiel touristique de haut niveau et engage la souveraineté. Assez bizarrement, le propriétaire du système ne semble pas bouger (on ne sait plus à qui se fier) et nous décidons de prendre la situation en main. Après tout moi et Dar nous avons BC à V et nous n’avons peur de rien !

Nous « warpons » sur la structure avec un petit groupe dirigé par le Boss en personne (revenu des ses aventures polaires) et on commence à balancer joyeusement nos missiles. Un des agresseurs réfugié dans une POS entre et sort, venant nous narguez avant de retourner à l’abri du shield de la très sainte POS.

On continue.
On va leur exploser leur foutu module et retourner à notre vie paisible !

C’est sans compter sans la fourberie de l’ennemi qui décide de sournoisement « cynoter » et nous nous ramassons des carriers. Ca « warp out » dans tout les coins et je me fais « scrambler » (évidement c’est moi) par le « cynoteur » (celui se fait atomiser !)  reconvertit en trouble fête pour me faire ensuite descendre par les drones du carrier qui ne font qu’une bouchée de mon magnifique navire de guerre ! Je suis quand même plutôt contente car pour une fois je n’ai pas oublié de tirer sur l’ennemi !

Je rentre donc en POD a la POS, situation à laquelle je me suis rapidement habituée.

Le Boss n’est pas content.
Alors là non.
Pas du tout.
Six autres carriers débarquent dans le système, un nombre contre lequel nous ne pouvons pas grand-chose. C’est avec une certaine rage que nous voyons le système de notre allié tomber. Très heureusement les envahisseurs ne semblent pas s’intéresser à notre POS ce qui nous laisse quelques jours de répits.

« On se barre », décide le Boss.

« Ouai », répondent les autres avec conviction

« On va ou ? » demande le dernier timidement »

« On verra, pour l’instant on se barre »

Ne pensez pas que nous fuyons ou reculons par peur de l'ennemi. Oh que non ! En terme militaire nous pourrions appeller cela un repli stratégique !

A ce stade cher lecteur vous ne vous étonnerez pas que nous sommes des pro du déménagement en 0.0. La logistique improvisée se met en place, les premiers convois retournent vers l’Empire et les JF se succèdent. Les démonteurs de POS se mettent au travail et les modules sont rassembler pour être rapatrié.

Déjà, nos explorateurs, cette fois plus sobres, se mettent à la recherche d’un nouveau système en 0.0. Mais cette fois nous volerons sous notre nom, celui de Xénon Inc., libre et sans contrainte.

Fly Free.

To be continued….

Par Oceanis - Publié dans : Eve on Line - le jeu - récits
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Lundi 4 janvier 2010 1 04 /01 /Jan /2010 21:38
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L’Amarr était nue, pendue par les pieds, les jambes écartées par une barre de métal, les mains attachées dans le dos


D’un geste mécanique, sans prononcer un mot, un des soldats Minnatar la laissait lentement descendre regardant sa tête s’enfoncer dans l’eau glacée d’un sceau qui se trouvait sous elle. Invariablement, elle restait parfaitement immobile pendant prêt d’une minute, avant que les muscles de ses jambes ne se contractent légèrement, seul symptôme visible de son asphyxie. Cela faisait deux heures que la séance avait commencé et personne n’avait prononcé un seul mot.

 

Attachées à leur chaise, toujours vêtues de leur uniforme, les deux autres officiers Amarr regardaient la scène, le regard fixe, leur visage ne trahissant aucune expression.

 

Le directeur ne pouvait s’empêcher d’être impressionné par cette parfaite maitrise des sentiments, probablement le fruit d’une longue instruction militaire. Comme les Caldaris, les soldats Amarr étaient formés depuis leur enfance et entrainés à devenir de parfaites machines à tuer, des instruments de guerre. Seuls leurs motivations étaient différentes.

 

La douleur n’avait aucune prise sur eux, ni même la mort. Le capitaine Imperial était probablement prêt à donner sa vie pour conserver son honneur.

 

L’officier Minmattar fit signe au soldat de remonter la prisonnière.

Elle était restée pratiquement deux minutes en immersion. Son corps se convulsa sous l’effort et elle cracha de l’eau.

 

Le capitaine attendit quelques minutes et se dirigea vers les deux officiers, ignorant complètement leur supérieur qui pendait au bout de sa chaine. Elle n’existait plus. C’est en tout cas le sentiment qu’il voulait transmettre. Dépouillé de toute dignité un Amarr n’était plus rien et ne méritait même plus un regard.

 

« Nous pouvons rendre cela encore plus désagréable »

 

Aucune des deux femmes ne lui prêta la moindre attention, murées dans leur silence, les yeux fixés sur un point invisible. Elles n’avaient pas bougé depuis le début de l’interrogatoire, ni exprimer la moindre émotion qu’il pourrait utiliser.

Il sourit.

Il n’en avait pas vraiment besoin. Il connaissait suffisamment les Kanhids pour savoir ce que les deux femmes ressentaient : une honte profonde qui se transformait en une haine implacable, un sentiment qu’il pouvait ressentir avec la même intensité. Les Amarrs étaient les ennemis de son peuple, ceux qui les avaient transformés en esclave et qui continuaient de les asservir.

 

Il maitrisa sa colère et se retint de frapper la femme. C’était inutile. La violence ne ferait que renforcer sa détermination. C’étaient des guerrières et la douleur physique serait reçue comme un soulagement.

 

Il se tourna vers le directeur.

 

« Faites venir vos équipes. »

 

L’homme hocha la tête et murmura quelques mots dans son micro.

Un groupe de civils chargés de matériel entra dans la pièce. Trois hommes et une femme aux cheveux verts dressés sur sa tête comme des antennes. Ils s’arrêtèrent un instant pour contempler la prisonnière qui pendait par les pieds, mâchonnant distraitement une barre de substrat énergétique.

 

«Il va nous falloir revoir l’éclairage de cette salle »

 

L’officier hocha la tête.

 

« Faites ce que vous avez à faire, nous avons le temps »

 

« Okay. Allons-y alors », lança l’homme en claquant dans ses mains.

 

Les trois autres membres de l’équipe ouvrirent leurs valises tandis que des militaires continuaient d’empiler du matériel contenu dans des containers d’acier. Ils se dispersèrent dans la salle et mesurèrent l’intensité lumineuse à l’aide de sonde, notant fébrilement des informations sur leurs terminaux portables.

 

« Rappelez-vous que je ne veux pas que notre station soit identifiable »

 

L’homme hocha la tête.

 

« Ne vous en faites pas. Vous allez avoir un beau spectacle »

 

Il se tourna vers la prisonnière et lui assena une claque sonore.

 

« Vous avez du bon matériel, c’est toujours une garantie », fit-il en éclatant d’un rire sonore.

 

L’officier sourit froidement surveillant le reste de l’équipe qui déployait une série d’appareil le long des murs de la salle. Malgré ses faibles connaissance dans le domaine il reconnu aisément des émetteurs holographiques. La fille aux cheveux verts les ajusta en quelques minutes et actionna l’émission depuis un terminal portable. Les parois de la pièce changèrent de texture, passant de foret à des lacs gelés avant de se fixer sur un décor neutre d’acier rouillé qui pouvait évoquer n’importe quelle structure située en zéro-zéro.

Il sourit satisfait.

La ressemblance avec un repaire de pirates était parfaite.

 

Il se dirigea à nouveau vers les deux officiers toujours attachées sur leurs chaises. Il les observa un moment et cru détecté une lueur d’inquiétude dans leurs yeux pâles. Dans son dos, la prisonnière tournait la tête dans tout les sens essayant elle aussi de comprendre ce qui se tramait.

 

Une série de drones sphériques furent envoyés dans la salle, flottant doucement, se positionnant à des endroits précis, guidés par les mains habiles des opérateurs. Une fois en place, chacun émis un faisceau de lumière. La femme pendue par les pieds ne put réprimer un cri de surprise. Elle s’agita, gigotant dans les entraves qui la retenaient attachée à la barre, tournoyant sur elle-même. Les projecteurs bougèrent lentement et ajustèrent leur intensité sous les ordres précis du metteur en scène.

C’était une idée du directeur de la station. Le vieux brigand les utilisait parfois pour des mises en scènes destinés à effrayer ou dissuader un concurrent devenu trop agressif. Le kidnapping d’un proche calmait les ardeurs des hommes les plus courageux. Par chance l’équipe se trouvait en escale sur Puerto Esperanza et avait accepté avec joie ce travail imprévu. L’idée était bien entendu de briser la résistance morale des trois Amarrs, mais aussi de lancer un message clair à la flotte impériale, message qu’elle ne manquerait pas d’interpréter.

 

« Qu’allez-vous faire ? »

 

C’était le premier mot depuis vingt-quatre heures et venait de l’ingénieur de bord qui suivait les aménagements d’un regard affolé.

 

Le capitaine sourit.

 

« Content que vous soyez avec nous lieutenant. Je finissais par croire que vous aviez perdu l’usage de la raison »

 

« Répondez à ma question »

 

Sa voix était cassante.

 

« Bien entendu…bien entendu », répondit le Minmattar savourant chaque seconde de la situation. Finalement ce travail allait lui apportait plus de plaisir que prévu. Il fit signe au directeur de la station de s’approcher.

 

« Expliquez donc à cette dame la situation mon ami ».

 

Le directeur s’approcha et s’éclairci la voix, dansant d’un pied à l’autre, comme si il éprouvait une certaine gêne à l’idée de ce qu’il allait faire. C’était bien entendu une impression car il ne ressentait absolument rien d’autre que la satisfaction de jouer un bon coup.

 

« Je suis dans le regret de vous apprendre que vous ne dépendez plus de la justice civile puisque notre station a été capturée par ces hommes. Votre sort ne dépend désormais plus de moi mais bien du capitaine ici présent. »

 

L’officier tourna son regard à nouveau vers le militaire.

 

« Vous appartenez à la flotte de la république, n’avez-vous donc aucun honneur ?», cracha –t-elle d’une voix sèche. »

 

L’homme éclata de rire.

 

« Votre sens de l’honneur est bien sélectif. Il ne semble pas vous préoccuper quand vous capturez nos compatriotes »

 

« Nous ne les avons jamais humilié de la sorte. »

 

« Bien sur que non. Vous vous contentez de les réduire en esclavage »

« Nous avons besoin de main d’œuvre pour nos planètes. »

 

Le capitaine hocha la tête.

 

« Et bien considérez que nous avons besoin de divertissement et que vous allez nous l’offrir.».

 

Il se tourna vers l’équipe de tournage.

 

« Prêt ? »

 

« Nous somme prêts Capitaine », lança le metteur en scène en envoyant une série de camera holographique prendre à leur tout position.

 

« Vous n’avez pas le droit ! Vous êtes soumis au code de guerre comme nous le sommes »

 

L’homme leva une main, faisant signe d’attendre un instant. Son regard se figea dans celui de l’Amarr qui pour la première fois sentit la peur l’envahir. La haine qu’elle lisait dans le regard du militaire était si sauvage qu’elle comprit qu’elle ne devait espérer aucune pitié »

 

« Mon équipage et moi-même ne faisons pas officiellement partie des forces de la nouvelle république. Nous naviguons avec une lettre de chasse et notre mission est de parcourir les frontières de la république.», dit-t-il d’une voix glaciale.

 

Il se tourna vers le directeur.

 

« Allons-y »

Par Oceanis - Publié dans : Eve On Line (la nouvelle) - Communauté : Space dreamers
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Lundi 7 décembre 2009 1 07 /12 /Déc /2009 21:09












Le Blackjack réalisait ses « Warp » en automatique, sautant d’un « safe point » à un autre, n’y restant que le temps de calculer le suivant.

 

Sur la passerelle, la vie était revenue, les systèmes de contrôle crachaient leurs informations sur des centaines d’écrans vidéo, la plus part pris en charge par d’autres calculateurs qui les traitaient suivant leur urgence. Dans son « POD », toutes ces données lui seraient parvenues en direct, elle n’aurait pas eu besoin des machines, de ses yeux ni de ses mains. Elle aurait été affranchie des limites physique de son corps travaillant à une vitesse comparable à celles des ordinateurs du croiseur.

 

Malheureusement elle n’était pas dans sa capsule mais bien sur le pont glacé du Basilisk, incapable d’assimiler un millième de l’information que lui offrait son navire.

 

Elle soupira.

De son « POD » elle ne pourrait pas communiquer aussi facilement avec son équipage de fortune, et elle avait désespérément besoin de comprendre ce qu’il se passait, de reprendre le control de la situation.

 

« Ou allons ? », demanda la plus jeune des deux vagabondes, une fille à la longue chevelure rousse qui répondait au nom de Tynia.

 

Oceanis les avait obligé à prendre une douche dans l’étroit bloc sanitaire du Blackjack et leur avait fourni une combinaison de vol usée. Propre et coiffée, elles avaient à peu prêt l’air d’êtres humain hormis le fait qu’elles continuaient de s’exprimer dans cet étrange dialecte qui lui résultait parfois difficilement compréhensible.

 

Elle posa sa tasse de café sur un des accoudoirs de son siège et pivota sur elle-même pour faire face à la jeune femme qui avalait une ration de survie qui aurait rendu malade un vétéran de l’espace. Personne ne semblait avoir été capable de rendre ses rations comestibles au cours des siècles. Les deux jeunes filles semblaient les adorer.

 

« J’aimerais le savoir. Si vous commenciez par m’expliquer ce que vous faites ici ? »

 

Les deux femmes se regardèrent un instant. Elles échangèrent quelques mots dans leurs patois des docks et la plus âgée des deux pris la parole.

 

« Sauver l’artéfact », dit-elle en pointant le sac qui se trouvait sur le sol.

 

Oceanis regarda le sac qui trainait sur la passerelle. Elle le ramassa et l’ouvrit rapidement, étalant son contenu sur le plancher métallique. Il n’y avait pas grand-chose d’importance, quelques sous vêtements, papiers et drogues diverses qui lui avait permis de rester en vie pendant son séjour dans la station. Elle finit par mettre la main sur une plaque de circuit électronique grand comme sa main. Le capitaine de L’Alentor le lui avait donné en échange d’un travail de réparation effectué sur son vaisseau. Elle avait revendu la plus part des pièces, pour la plus part très anciennes, et avait gardé celle là. C’était une carte mémoire d’un ordinateur de navigation. Elle en avait récupéré des centaines comme cella là au cours de sa carrière. Elles n’avaient aucun intérêt commercial mais pouvait parfois contenir des informations intéressantes pour un contrebandier. Elle l’avait donc mis de coté avec l’intention de l’examiner ultérieurement.

 

Elle montra la plaque mémoire aux deux jeunes femmes.

 

« C’est cela votre artéfact ? »

 

Les deux filles hochèrent la tête à l’unisson, l’air grave.

 

« C’est une simple carte mémoire les filles, probablement tirée d’une épave. Cela ne vaut absolument rien du tout. »

 

La vagabonde qui avait pris la parole passa une main dans ses cheveux noirs et secoua la tête. Elle répondait au nom de Lykio et semblait avoir une certaine influence sur sa compagne.

 

« Artéfact interdit. Protéger artéfact »

 

Oceanis éclata de rire.

Les deux filles parurent vexées et discutèrent à nouveau entre elles. Elles parlaient cette fois une langue complètement incompréhensible. Le conciliabule dura une bonne dizaine de minutes ponctués de grandes gestes et de cris perçants. Finalement celle aux cheveux noirs repris la parole débitant une série de chiffres.

 

Oceanis ne compris pas directement et la jeune femme répéta une nouvelle fois la série en montrant cette fois le terminal de navigation. Il lui fallu quelques secondes de plus à la pilote pour comprendre qu’il s’agissait de coordonnées. Elle haussa les épaules et tapa rapidement la série. Un des écrans de la passerelle se modifia et effectua un zoom sur un point de l’espace en dehors des limites du système solaire. Il n’y avait aucune indication sur les cartes de navigation. Juste l’espace.

 

Les deux vagabondes hochèrent la tête avec satisfaction.

 

« Aller »

 

Oceanis hésita quelques secondes et entra les coordonnées du warp. C’était un point de saut aussi bon qu’un autre.

Par Oceanis - Publié dans : Eve On Line (la nouvelle)
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Lundi 5 octobre 2009 1 05 /10 /Oct /2009 20:48




Les soldats Minmatarr avaient envahis la station. Engoncés dans leurs armures de combats, ils avaient pris position sur les docks, contrôlés les coursives et occupés une bonne partie du centre d’opération.

Impuissant, le directeur les regardait fouiner dans les ordinateurs, copiant les fichiers et scannant les banques de données. Heureusement, comme tout les contrebandiers, ils avaient pris soin d’effacer les traces d’opérations compromettantes : ventes d armes illégales, drogues ou même marchandises non déclarées. Les procédures étaient prêtes et il n’avait eu qu’à les exécuter avant le débarquement des troupes de la république.

Pour la centième fois, les experts du navire de guerre visualisaient la vidéo du croiseur ravageant les docks, ils écoutaient les enregistrements des conversations et les réactions des équipes de contrôleurs.

« Vous avez donné l’ordre de la laisser passer », répéta le commissaire, stoppant l’enregistrement à cet endroit précis.

« J’ai fait ce qu’il fallait pour sauver ma station et par la même occasion votre navire. Si ce croiseur avait heurté les portes nous l’aurions tous suivi en enfer »

Le soldat ne dit rien, se contentant de continuer à visualiser la scène. Il avait pris place derrière son propre bureau, fouillant dans ses effets personnels. Il avait longuement examiné une photographie de sa fille, puis avait lu plusieurs messages intimes qui étaient restés sur sa messagerie.

« Un vaisseau pirate ? »

Le directeur secoua la tête.

« Pas que je sache. Le manifeste fait référence à un simple croiseur logistique de classe T 2. Un Basilisk. Un navire de réparation. Apparemment le navire avait besoin d’un ravitaillement. Les pirates n’utilisent pas souvent ce genre de vaisseau à ma connaissance. »


« Visiblement ils ont commencés, sinon comment expliquer-vous ce départ précipité ? »

Le directeur haussa les épaules.

« Rien ne prouve que cela soit sur décision du pilote. Vous avez vu les enregistrements. Des bandes de vagabondes ont attaqués mes gardes et se sont introduits dans le navire. J’ai perdu quatre hommes. Le propriétaire à pu simplement être pris en otage. Quoiqu’il en soit Capitaine, rien ne me permettait de penser ni même soupçonner ce navire. Pour moi c’était un simple naviguant en escale. Rien d’autre. »

Un militaire entra dans la pièce et murmura quelques mots à l’oreille de son supérieur. Celui-ci approuva et lui répondit de la même façon avant de le congédier.

« Votre simple naviguant est en train de nous échapper. Nous n’arrivons pas à le localiser. Pourtant il n’a pas pu franchir la porte de saut, nos navires y ont pris position. »

« Que voulez-vous que j’y fasse, il a pu simplement exploser pendant le « warp », percuter une planète ou un astéroïde. Sans système de navigation cela serait un miracle qu’il soit toujours en vie »

« Possible », fit-il en tapotant sur le clavier du terminal. « Dans ce cas là nous retrouverons l’épave. »

Il garda le silence pendant plusieurs minutes, faisant défiler des informations sur l’écran.

« D’après vos relevés le pilote n’avait pas payé ses factures. »

Le directeur soupira. Il avait lui aussi vérifié les données du commandant. Une certaine Oceanis Sol, un nom inconnu dans la station, naviguant pour le compte d’une corporation basée dans Syndicate : une région dangereuse infestée de pirates. Il n’était pas dupe et savait qu’il s’agissait probablement d’un simple écran pour masquer des activités de contrebande. Puerto Esperanza n’était pas regardante sur la provenance des navires. Le pilote n’avait en effet pas payé ses frais de dock, mais cela était loin d’être inhabituel. Dans tout les cas, la somme était dérisoire comparée aux milliards d’isk que brassait la station chaque jour. Oceanis correspondait parfaitement au type de voyageur qu’accueillait chaque jour Puerto Esperanza : des marginaux, vagabonds et contrebandiers venus écouler leurs marchandises. Rien qui justifiait ce subit intérêt des autorités.

« Capitaine….si vous me disiez plutôt ce que vous cherchez vraiment », laissa-t-il tomber. « Peut-être serais-je en mesure de vous aider »

Le militaire leva les yeux, examinant l’homme qui se trouvait devant lui. Lui aussi savait à qui il avait affaire et cela ne le gênait nullement. Comme la plupart de ses compatriotes ils avaient une âme de contrebandier, cela faisait partie des coutumes des clans Minmatar.

« Soit…. »

Il se leva et fit signe au directeur de reprendre place à son bureau.

« Nous avons intercepté un message d’une patrouille Amarr, faisant référence à un artefact. Le message a été émis de votre station à destination d’un navire Imperial.


« Sans doute des trois officiers que nous avons arrêté. De quel genre d’artéfact parlons-nous ? »

« Nous n’en savons rien, mais quelque chose d’assez important pour déplacer un vaisseau de classe capitale »

Il ne mentait pas.

« Peut-être devriez vous interroger les prisonnières dans ce cas »

« C’est en cours. Mais je doute qu’elles possèdent l’artéfact, sinon elles seraient reparties avec. »

« Non, mais elles savent peut-être ce qu’est l’artefact et qui le détient »

Il marqua une pause. Le ton avait changé. Le militaire avait besoin de son aide. Une chose était d’accéder aux terminaux, une autre de pouvoir faire le tri dans les données que stockait en permanence l’ordinateur central.

« Savez-vous ce qu’elles ont fait depuis leur débarquement ? »

« Bien entendu », fit-il en souriant, marquant lui aussi une pause. « Nous contrôlons nos voyageurs de marque ».

Une imprimante encastrée dans le bureau cracha un listing.

« Lisez ceci »

Le militaire ramassa le rapport. L’information venait des multiples systèmes de surveillance de la station. Les images des caméras, les micros et les rapports du personnel de surveillance étaient synthétisés par la machine, résumés quelques pages. Il les avait lui-même lues de nombreuse fois sans pouvoir arriver à une conclusion.
Les trois officiers s’étaient intéressés à un navire de contrebande dont le capitaine avait été retrouvé mort dans une coursive. Ensuite, elles s’étaient rendues chez un receleur notoire qui lui aussi avait été assassiné pendant une fusillade. Un enchainement qui avaient déclenchés toutes les alarmes et avait mené à leur arrestation. La station avait parfaitement réagi et les systèmes de sécurité s’étaient avérés efficaces.

Elles cherchaient l’artéfact et visiblement elles ne l’avaient pas trouvé.. Cette partie de l’histoire cadrait avec les faits. Il entra le nom d’Oceanis Sol et attendit quelques minutes. Ce nom lui était encore inconnu quelques plus tôt et manquait à l’équation.
La machine calculait à nouveau puisant dans ses banques de données, recoupant l’information. Un seul nom apparut : L’Alentar. Une frégate de type probe, le navire du capitaine assassiné. La jeune pilote y avait travaillé, effectuant plusieurs opérations de maintenance dont une sortie dans l’espace.

« Vous avez découvert quelque chose ? » demanda le militaire en remarquant le changement d’expression sur son visage.

Il tourna le moniteur vers l’officier, montrant du doigt le nom du vaisseau.

« Le lien manquant. Il est temps que nos trois invitées nous en disent plus je crois »

« Mes hommes sont à l’œuvre, allons voir si il y a du nouveau »

Par Oceanis - Publié dans : Eve On Line (la nouvelle) - Communauté : Space dreamers
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